La prison de Montluc a été recréée dans un studio de la banlieue de Budapest. Pour les autres décors de Moulin, l’équipe a principalement filmé dans des lieux réels en Hongrie. Un choix intervenu après des repérages à Lyon : la ville avait trop changé pour restituer fidèlement son atmosphère de 1943. Ce quatrième long-métrage de László Nemes, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2026, revient sur l’arrestation de Jean Moulin le 21 juin 1943, dans la maison du docteur Dugoujon à Caluire-et-Cuire. Son emprisonnement et ses interrogatoires par Klaus Barbie occupent ensuite une place centrale dans le récit.
Face à Gilles Lellouche, Lars Eidinger interprète le chef de la Gestapo lyonnaise, qui cherche à obtenir des informations du résistant avant de recourir à la torture.
Une confrontation en partie imaginée
Le film comporte toutefois une part de fiction. Les interrogatoires de Jean Moulin n’ayant pas été retranscrits par les Allemands, les auteurs ont imaginé certaines scènes. Ils ont également créé des personnages, dont une comtesse jouée par Louise Bourgoin. Le producteur Alain Goldman présente ainsi Moulin comme une réflexion sur la résistance face à un régime totalitaire, plutôt que comme une biographie traditionnelle.
Pour incarner Jean Moulin, Gilles Lellouche a travaillé un jeu tout en retenue. " Moi qui suis très volubile, j'ai dû me battre un peu contre moi-même avant que cette sobriété qu'on recherchait ne devienne comme un réflexe ", explique l’acteur.
Tourné en pellicule 35 mm, le long-métrage s’appuie sur les ombres, les éclairages et les mouvements de caméra pour restituer le climat oppressant de l’Occupation.











