À peine installé dans le Rhône, le nouveau préfet Étienne Guyot a voulu frapper fort.
Ce mardi 19 mai, une opération d’ampleur inédite contre le narcotrafic a été menée dans l’agglomération lyonnaise et plusieurs communes du département, sous l’autorité du préfet et du procureur de la République de Lyon, Thierry Dran.
Au total, 1 000 policiers nationaux et militaires de la gendarmerie ont été mobilisés, selon la préfecture, avec près de 200 opérations judiciaires et contrôles ciblés déployés tout au long de la journée.
Les forces de l’ordre ont concentré leurs interventions sur des lieux identifiés de trafic, de consommation ou de transit de stupéfiants, ainsi que sur des objectifs déjà repérés dans des enquêtes judiciaires.
À Lyon, les opérations ont notamment concerné la Guillotière, plusieurs gares ferroviaires — Part-Dieu, Perrache et Gerland — mais aussi les transports en commun et les grands axes routiers.
Le quartier du Tonkin à Villeurbanne, régulièrement confronté aux problématiques de deal, figurait également parmi les zones visées.
Le préfet Étienne Guyot s’est déplacé sur le terrain aux côtés du maire de Lyon et du procureur pour afficher ce qu’il a présenté comme une "union sacrée des pouvoirs publics" face à la progression des violences liées au trafic de stupéfiants.
107 kilos de drogue et neuf armes saisis
Le bilan communiqué par la préfecture est particulièrement lourd.
Au cours de cette journée, 122 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles des commanditaires présumés, nourrices, ravitailleurs ou usagers-revendeurs.
Les forces de l’ordre ont également mis la main sur 107 kilos de stupéfiants, majoritairement du cannabis.
Neuf armes ont été saisies, dont six armes de poing et trois armes longues, parmi lesquelles une kalachnikov, un fusil à pompe et un fusil à canon scié.
Les autorités annoncent aussi la saisie de 40 000 euros en espèces, 2 400 francs suisses et 22 000 euros supplémentaires récupérés dans le cadre d’un contrôle fiscal mené avec le CODAF.
Par ailleurs, 18 étrangers en situation irrégulière ont été placés en retenue et 83 amendes forfaitaires délictuelles dressées, dont 71 liées aux stupéfiants.
Cette démonstration de force intervient dans un climat particulièrement tendu dans la métropole lyonnaise.
Ces dernières semaines, plusieurs épisodes violents liés au narcotrafic ont marqué l’actualité locale, notamment l’incendie criminel mortel de Décines-Charpieu, le 11 mai, qui avait coûté la vie à trois personnes.
Plus récemment encore, une fusillade dans le 8e arrondissement de Lyon et un incendie volontaire dans le 3e arrondissement ont ravivé les inquiétudes autour des règlements de comptes.
Reste désormais à savoir si cette vaste opération policière aura un effet durable sur les réseaux de trafic qui gangrènent plusieurs quartiers de l’agglomération lyonnaise.











