Présence de perfluorés près de Lyon : l'eau reste potable, la consommation des poissons "pas recommandée"

Présence de perfluorés près de Lyon : l'eau reste potable, la consommation des poissons "pas recommandée"
Photo d'illustration - Radio Espace

Cinq mois après les révélations d'une pollution aux perfluorées au sud de Lyon causée par les rejets des groupes Arkema et Daikin, la Préfecture du Rhône a communiqué sur les résultats des investigations menées par l'Agence Régionale de Santé.


Concernant l’eau potable, l'ARS a mis en place une surveillance de la présence de PFAS dans l’eau brute, traitée et distribuée. Les résultats de l’été 2022 montrent que la plupart des champs captants respectent déjà la future norme applicable en 2026. "Ainsi, à ce stade des analyses, l’ARS ne recommande pas de restriction de la consommation d’eau issue de ces champs captants". Les résultats d’une nouvelle campagne de mesures seront publiés prochainement. L’ARS a par ailleurs réuni les exploitants d’eau potable pour élaborer un plan d’action visant à atteindre au plus vite des concentrations inférieures à 0,1 g/L dans μ l’eau distribuée.

Si l'eau reste potable, la consommation des poissons pêchés dans le Rhône en aval de Pierre-Bénite et dans le Garon n'est, elle, "pas recommandée" par l'ARS.
Plusieurs pêches ont été réalisées depuis juin 2022 afin de mesurer la présence de PFAS dans la chair des poissons. "Les résultats révèlent la présence de PFAS dans toutes les espèces, en aval immédiat de la plate-forme de Pierre-Bénite mais aussi sur des stations plus éloignées. Le composé PFOS est retrouvé dans des teneurs parfois supérieures aux futures teneurs maximales sur les denrées alimentaires du règlement européen qui entrera en vigueur début 2023. Des pêches complémentaires ont été réalisées par la DREAL en octobre pour consolider les résultats", indique la Préfecture, qui annonce un plan exploratoire sur les poissons du Rhône, avec de premières pêches dès novembre.

Pour rappel, les services de l’État en Auvergne-Rhône-Alpes ont renforcé depuis plus de six mois leur mobilisation pour contrôler et faire diminuer la présence de PFAS. La Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement contrôle les analyses quotidiennes effectuées sur les rejets industriels dans l’eau des établissements Arkema et Daikin. Elles confirment la présence de PFAS actuellement utilisés, et d’autres PFAS vraisemblablement issus d’une pollution historique.

Il a été officiellement demandé à Arkema de cesser d’utiliser tout additif PFAS d’ici fin 2024. Une première étape sera franchie dès le premier trimestre 2023 puisque l’État demande à l’exploitant de réduire ses rejets par paliers : mars 2023 (-65%), décembre 2023 (-73%) et septembre 2024 (-80%).

"Arkema doit aussi réaliser des études complémentaires dans l’objectif de limiter les prélèvements dans la nappe de polluants historiques. Les quantités rejetées par Daikin sont modérées et maîtrisées, grâce à une station de traitement performante. Elles sont moins importantes que dans les rejets d’Arkema", assure la Préfecture.